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Echos de la dernière rencontre


Le samedi après-midi, Christophe PICHON, enseignant à l’UCO d’Angers, et responsable de la Formation permanente du diocèse de Laval, nous a partagé le fruit de ses recherches sur « Les revivifications en Luc-Actes. Enjeux théologiques et herméneutiques de quatre réécritures». Le projet de Christophe était d’analyser le procédé de l’intertextualité au service d’une réécriture. Il part de quatre récits lucaniens : Jésus et le fils de la veuve de Naïn, Lc 7,11-17 ; Jésus et la fille de Jaïre, 8,40-56 ; Pierre et Tabitha, Ac 9,36-43 ; Paul et Euthyque, Ac 20,7-12. Il recherche dans ces quatre textes les traces de l’épisode d’Élie et le fils de la veuve de Sarepta, 1 R 17,17-24, et de l’épisode d’Élisée et le fils de la Shounamite, 2 R 4,8-37. Il qualifie alors ces « procédés de lecture en écho en Luc ». Il en propose une typologie, avec deux niveaux, génétique et diégétique. Il peut alors distinguer intertextualité, hypertextualité (où Luc opère par transformation et par imitation), et architextualité. Cette typologie permet de mieux apprécier le travail de l’auteur néotestamentaire et le travail du lecteur. À la suite et à l’exemple de Théophile, le lecteur peut alors tisser les Écritures entre elles, prendre sa place dans la chaîne prophétique, être assuré de la continuité du plan de salut de Dieu, discerner et adopter un style de vie évangélique.
L’intervention de Christophe nous aura donné une grille d’analyse utile pour les travaux du prochain colloque international du RRENAB des 10-12 juin 2010, « Écritures et réécritures », à Genève et Lausanne.

 

Le dimanche matin, Michel BERDER a repris le flambeau en faisant écho au colloque des RSR qui s’est tenu au Centre Sèvres et à l’Institut Catholique de Paris les 9-11 novembre 2009 sur l’œuvre de J. P. Meier, Un certain Juif Jésus. Comme il l’a exprimé dans son article, « Le miracle chez Meier : méthodologie et bilan. Y a-t-il chez lui une « théologie du miracle » ?, RSR 97/3, juillet-septembre 2009, pp. 331-352, Michel a d’abord présenté le projet global de Meier et sa méthodologie. Il a notamment rappelé comment Meier aborde la question de la recherche sur le Jésus de l’histoire et comment il recense les critères d’historicité. L’intervenant a ensuite présenté un point d’application : les récits évangéliques de miracles (cf. Tome II, La parole et les gestes). Reprenant la typologie de Meier, il s’est concentré sur les récits de « résurrection par Jésus » (cf. Tome II, chap. 22, pp. 557-636), rejoignant certains des textes analysés par Christophe Pichon la veille. Après avoir donné quelques éléments des contributions au colloque, il a soumis à notre débat un certain nombre d’ouvertures : sur l’évolution de la recherche exégétique et sa réception ; sur la Bible et l’histoire ; sur l’articulation entre exégèse biblique, expérience de foi, théologie dogmatique et approche pastorale ; sur la judéité de Jésus ; et enfin sur ce qu’on peut retenir de façon rétrospective et prospective du travail de Meier.

Le samedi soir, nous avons pris un temps pour repérer les nombreuses expériences pastorales autour de la bible dans nos diocèses. Depuis quelques années, on constate une multiplication de groupes constitués autour de la lecture biblique à partir de fiches de travail du texte biblique et de lectio divina. Les expériences sont diverses, mais la tendance est générale : les propositions sont chaque année plus nombreuses et tendent à se généraliser. Nombre des membres de notre groupe ACFEB-Ouest sont impliqués ou responsables de ces initiatives. Si l’on peut se réjouir de cet engouement, quelques points d’attentions émergent : comment assurer un suivi et une coordination dans les paroisses et les diocèses, comment maintenir une lecture sérieuse des textes bibliques qui rejoigne les expériences de vie et les réalités pastorales des lecteurs, comment cette lecture rejoint-elle les attentes spirituelles des lecteurs, quelle structure se donner pour assurer une meilleure coordination (coordination des groupes, rassemblements et mises en commun ponctuelles, structure associative permettant des opérations plus spécifiques, comme par exemple autour de l’exposition « bible patrimoine de l’humanité », de l’ABF), quels liens établir avec les réalités pastorales diocésaines (groupes, mouvements, services etc)… La richesse des expériences dans nos diocèses permet d’échanger des idées et de prendre la mesure des points d’attention auxquels veiller. Nous verrons quelle suite donner à cet échange.

Le dimanche après-midi fut consacré aux traditionnels échanges de nouvelles des membres du groupe, sur le territoire ou au-delà des mers. Georges Aillet, notre trésorier, a présenté l’état des comptes avec la précision et la pédagogie qu’on lui connaît. Merci à lui pour ce service !